Le non-retour des étudiants sénégalais formés en France : la pression familiale mise au pilori

Mardi 19 Juin 2012

Le non-retour des étudiants sénégalais formés en France : la pression familiale mise au pilori
La migration des étudiants sénégalais pose la question de l’iniquité du choix entre le retour au pays d’origine et la sédentarisation en France. Les conditions de travail, les grilles salariales, la grandeur des projets migratoires, les accointances avec la France, les niveaux scientifiques et technologiques du pays d’accueil, de loin supérieurs à ceux du Sénégal laissent présager une grande propension au non-retour après la formation.
Pour autant, de la kyrielle des facteurs explicatifs de l’installation en France après les études, la pression familiale est intrinsèquement un facteur bloquant du projet de retour. Des étudiants interrogés dans le cadre d’une recherche de terrain affirment subir cet écueil provenant des parents qui conjuguent émigration avec la réussite : « aucune forme d’échec ne peut être tolérée lorsque tu es venu en France » ajoute un enquêté. Que ce postulat soit légitime ou aberrant, cette représentation protectionniste contre la fracture sociale et économique fait florès chez les parents des étudiants “déshérités“. Issus de familles pauvres, “déstabilisées“ ou “disqualifiées“ pour reprendre des termes de Serge Paugam, ces derniers ne sont pas nés avec des cuillères en argent dans la bouche. Et, la survie des siens dépend de leur endurance à veiller scrupuleusement à leurs besoins d’ordre alimentaire, matériel, éducatif et médical. Ils sont comme des acteurs avec l’épée de Damoclès au dessus de la tête dans la mesure où ils sont dans l’obligation de suppléer d’abord aux responsabilités des parents, de perpétuer la culture de la réussite in fine: une chance à offrir à ses jeunes frères. « Tant que mes frères n’auront pas fini leurs études où qu’ils viennent en France, je crois que mes parents prendraient mal mon retour parce que pour eux, je suis la porte de secours, c’est tout. Maintenant autant mes parents s’inquiétaient pour moi, autant ils s’inquiètent pour mes frères parce que je suis là. C’est plus qu’une charge, je vais te dire une chose, on renonce à beaucoup de choses pour la famille, si cela ne tenait qu’à moi, je serais beaucoup plus heureux au Sénégal, je n’aurais pas gagné plus mais j’aurais … j’aurais été enfant unique ou thiaat, je te promets, je n’aurais même pas hésité, mais je suis l’aîné… » nous informe un sénégalais établi en France.
Simples dettes morales et sociales requérables ou actions symboliques de renouvellement de l’appartenance sociale, cette forme de “retour sur l’investissement familial“ est une pression et pas des moindres qui flétrit les prémisses du projet de retour définitif. De toute évidence, un salarié de France-Telecom peut tenir les cordes de la bourse familiale restée au pays. S’il retourne au Sénégal, même avec une rétribution de cadre supérieur, il lui sera difficile de se frayer un chemin de réussite sociale et garder le même niveau de solidarité envers sa famille. Une telle prise de conscience incite à différer “provisoirement“ les projets de retour.
Au même titre que le chômage, que les stratégies d’insertion professionnelle à développer et les difficultés de réinsertion sociale à surmonter, le facteur familial s’incruste dans l’analyse de la problématique des migrations de retour et de non-retour des étudiants sénégalais.

MBENGUE MAMADOU SALIOU
Sociologue
Contact : msmbengue8@gmail.com
MBENGUE MAMADOU SALIOU

TEUSS

A notre grand malheur !

Connaissez-vous dans «Nda-kaaru» un service de l’Etat où vous pouvez aller et y revenir avec une entière satisfaction ? Sans exagération aucune, il est presque sûr que la réponse est non. Commençons-par pur hasard- par l’hôpital. Il y a plus de risques d’être encore plus souffrant quand on s’y rend, car lui-même est malade. N’allez surtout pas voir chez «Senelëdëm», de toute façon la seule chose qu’ils ont d’éclairée, c’est des promesses à plus l’infini. Que dire alors de l’école qui ne forme plus qu’en quantité omettant la qualité. L’avenir n’est plus à espérer du côté de l’université, les étudiants s’y battent jour et nuit avec des policiers sous les yeux de professeurs dépassés et plus préoccupés à arrondir les fins du mois dans les écoles de formation dont certaines ne sont même pas agréées. Voilà le service public à Sunugaal et ses dramatiques petites réalités. A notre grand malheur !
Samba ALAAR

SALUT PUBLIC

Il ne faut pas insulter ceux qui ne vivent que de pain…

« L’estomac rejette la nourriturequi ne peut pas être digérée et qui n’a aucun bénéfice, et ensuite lui crache dessus. Le temps et l’histoire font la même chose aux gens incompétents »
Fethullah Gülen

«Le pays tourne en rond», c’est la rengaine la plus entendue, aujourd’hui, dans tous les milieux. Le pays que j’entends, c’est celui de l’électricité, des emplois, de la circulation fiduciaire sous ses diverses formes ; c’est-à-dire des mouvements de l’argent, qui commandent les investissements, petits et gros, et fouettent la consommation, pour que celle-là commande la croissance, mais seulement si les industries nationales fonctionnent et produisent ce qui est consommé par les travailleurs. Et en ce cas, ces dernières industries créent des emplois. Et le cercle vertueux du développement prend forme. Or, l’argent ne circule pas, semble-t-il, parce que sous le gouvernement de Monsieur M. Abdoul Mbaye, et c’est lui-même qui nous l’apprend, «l’argent douteux» (c’est la terminologie utilisée par le Pm), c’est fini. Soit !

Par Pape Samba Kane


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